Philippe Séranne

Poète voyageur du 21eme siècle, le cœur à vif dans la beauté et la barbarie du monde, Philippe Séranne exalte nos essentiels, nos élans libératoires, nos rêves intérieurs, nos utopies planétaires. Saltimbanque mondialisé, viscéralement féministe, écologiste et pacifiste, il est ce fou « éperdu d'amour, à n'en plus pouvoir palpiter », profond et irrévérencieux, politique, radieux et bouleversant.

Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 10:15

 

Philippe Séranne en concert
 

 

Dimanche 13 mai 2012 à midi à Chateauroux les Alpes - Joyeux Mezzé des 20 ans de Gros Textes
L'Ivresse des livres, l'écriture libère
Vendredi 5 août 2011 5 05 /08 /Août /2011 22:18
Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 15:59



 
Les pas les mots les doigts greffés avec Evelyne Gallet, Sarah Olivier, Yeti, Presque Oui, Xavier Lacouture, Grégoire Gensse et Arno Jouffroy
 
Dopés d'un furieux brassage intermondialisticojuvénovillageois éruptant de masques, de totems, de crocodiles en bois sous la folle conspiration des pianos montés aux étoiles
Mercredi 5 janvier 2011 3 05 /01 /Jan /2011 15:30

au plateau de bure

 

 

 

Baptême au Pic de Bure pour "2014-2018, première fête mondiale" et "Je pars" ...

merci Marc, Pedro, Marcela et Aline ! (la prochaine fois je monte un piano)

Mercredi 5 janvier 2011 3 05 /01 /Jan /2011 13:20
Mardi 4 janvier 2011 2 04 /01 /Jan /2011 17:27

 

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Jeudi 20 octobre à Toronto ville-monde aux accents éthiopiens, ukrainiens, portugais, maltais, indiens, chinois ou vietnamiens... Pedro, vieil ami portugo-capverdien m'entraîne chez Mélody, copine iranienne qui fête ses 28 ans avec toute sa famille. Syrus son petit frère ouvre au piano, Pedro raconte notre rencontre au Spitzberg, lit un auteur voyageur portugais puis me laisse amorcer à la guitare. Mon tout premier concert au Canada me projette en plein Moyen-orient libre, avec un moment de très grande écoute autour de Rachel Corrie, étudiante américaine morte à Gaza sous un bulldozer de l'armée israélienne, dont l'histoire m'a inspiré une chanson que je chante depuis peu. L'anglais n'est la langue maternelle de personne, et si je l'utilise pour présenter mes chansons, tout le monde se laisse emporter par la musique du français, et je sens fleurir en chacun ses propres images, qui en farsi, qui en arabe ou en portugais... Melody termine par une interprétation déchirante de "Ne me quitte pas", dans un français groovy au bon goût des grands lacs. On parle du Chah, de Khomenei et de Neda Agha Soltan, puis les filles de la fête, iraniennes et palestiniennes plus superbes et délurées les unes que les autres nous emmènent finir la soirée à la Shisha dans un club égyptien - fumée double-pomme, menthe ou citron, mais sans tabac interdit en intérieur au Canada, alors "vas à Istanbul dès que tu peux !"

 

Changement de monde au Québec, samedi 22 à Montréal au Bistro Mousse Café me voici accueilli par Landriault et ses époustouflantes "soirées du maître chanteur" (3 fois par semaine depuis des lustres !). Je partage la scène avec Meb - jeune auteure qui chante des histoires bizarres de Saint Laurent épurées comme des aquarelles - et Fred : un français allumé du manche parti s'installer définitivement au Québec ("ici c'est l'Amérique du Nord, tout le monde a sa chance, en France il y a des castes") qui mélange ses compos avec des reprises locales des Colocs (toute la salle chante !) et Nino Ferrer dans un Sud boréal endiablé. Brin de jasette avec plusieurs chanteurs québecois venus en public ; la scène francophone montréalaise pétille de jeunes talents, Montréal est aussi internationale que Toronto, mais ce soir-là, en contraste avec ce que je viens de vivre en Ontario, deux choses me frappent : artistes comme public, nous sommes tous blancs, et avons tous le français pour langue maternelle.

 

Vingt ans que je navigue en anglais aux quatre coins du monde : avec la chanson je retrouve mes mots, je jubile de terroir, de bonne chère, de fromages coulants, de vins râpeux et d'ivresses poétiques... mais le monde me lâche pas... tout ça juste entre francophones ? Même si on est plutôt bien entre nous... pourquoi on resterait toujours dans nos petits ruisseaux à côté des grands fleuves ? Et vu le nombre d'entre nous qui s'abreuvent de yaourt sans en comprendre mot... camarades troubadours, brâmons en français en pleine anglophonie ! Allons-y gaiement avec nos recettes de chez nous, notre imprévisibilité de chansonniers, notre gouaille chahuteuse, notre politisation incontrôlable, notre goût du local, de l'imparfait, des petites échelles et du coeur à coeur !

Mardi 4 janvier 2011 2 04 /01 /Jan /2011 15:14

A deux reprises, le Centre de la chanson m'a permis de me présenter aux lecteurs de son journal le "Petit format"...

 

En janvier 2010, pour les "Décalages d'hiver" :

 

« Artiste enragé et utopiste, saltimbanque mondialisé » dit-on. Comment es-tu entré en chanson ?

A force de trop me taire ! J'ai longtemps craint ma plume, je chantais les chansons des autres tout en parcourant le monde, embarqué très jeune dans un métier nomade entre Europe et solidarité internationale. A 35 ans, j'ai sauté dans le vide. J'ai fait plus de 60 concerts en 3 ans, je rencontre beaucoup d'artistes, je suis très aidé, je me prends au jeu...

 

Pour Décalages d’hiver tu joues dans la catégorie « chanson d’avant garde, nouveaux langages », tu te sens vraiment décalé ?

Dans ce monde complètement tordu, comment aller droit...! Je chante des trucs bien réels, bien râpeux et bien branques, avec une voix d'ange pleine d'espérance.

 

Qu’est ce qui te pousse à monter sur les planches ?

Le corps à corps, le grain de la voix, l'ivresse du piano, les déchirures du coeur, la dérision et la provocation... Vivre ses rêves, ne jamais se sentir arrivé, allumer du désir jusqu'à la lie !

 

 

Et en juillet 2008, à l'occasion de la sortie de mon premier album :

 

Philippe, ton dernier CD (mi-livre, mi-disque) s’intitule « Saltimbanque mondialisé ». C’est quoi un saltimbanque mondialisé ?

C’est le tiraillement entre l’intérieur, l’intime, la rencontre avec soi-même et ceux que l’on aime, et l’extérieur, le planétaire, l’engagement, la révolte et les grands idéaux. Ca m’amuse de dire qu’en tant que saltimbanque, par essence léger, frivole et farceur, je me suis fait mondialiser jusqu’au cou, happé par le monde, sa gravité, sa souffrance et sa beauté.

 

« Pieds nus et mains dans la boue », tu nous livres un monde poétique bien singulier, prophétique et vertigineux. La solidarité planétaire tu y crois ?

Le monde est un grand bazar avec plein de recettes épatantes à tous les coins de rue, des gens qui s’étripent, d’autres qui soignent et réparent, et oui, au milieu du morcellement général je vois vraiment des solidarités. Et puisqu’on s’est fait voler la « mondialisation » par les champions du tout pour soi, autant aller à l’essentiel : au 21eme siècle, l’union de l’humanité est à notre portée. Je sais bien qu’à travers le petit prisme médiatico-dépressif français ça fait doux rêveur, mais franchement, comment avancer aujourd’hui sans croire en l’homme ?

 

Ton univers puise dans des expériences humanitaires je crois, tu peux nous raconter ?

J’ai effectivement un autre métier, qui me vaut quelques grands moments de confrontation avec la barbarie et l’irresponsabilité, ça secoue aux tripes et à moment donné le trop-plein pousse au cri. Mais mon écriture se nourrit aussi d’événements de vie plus personnels, de rencontres, de départs.

 

Tu as été à l’école du chant lyrique. Ta voix désarçonne, envoûte et cela ne t’empêche pas de sortir des sentiers battus. Parle-nous de ton parcours pour aller vers la chanson ?

Je manquais de couleurs. Le travail de la voix est une exploration du souffle, du corps, de la chair, où il faut désapprendre, libérer, démanteler ses résistances : cela peut aider à chanter avec sincérité. Une chanson est une histoire que l’on écrit pour toucher au plus profond ; sans sincérité on n’atteint pas le cœur.

 

Cette belle production mérite maintenant une rentrée parisienne. Tu as des projets ?

Partir à la découverte de mon public ! Je me sens une soif de rencontre intarissable, peut-être parce que je me suis retenu quinze ans avant de réussir à tout déballer. Je prépare une tournée d’hiver, je suis invité comme artiste associé du Fourmidiable dans mes lointaines Alpes du Sud, je poursuis ma collaboration avec le dessinateur Johan Troïanowski, j’ai la tête qui pétille et le piano qui chauffe…

 

 

Propos recueillis par Didier Desmas

 

Lundi 3 janvier 2011 1 03 /01 /Jan /2011 22:34
 
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